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L’abattage des poussins mâles

3 Mar, 2021

Question de Rachel Sobry à Celine Tellier, Ministre de l’Environnement, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité et du Bien-être animal: “L’abattage des poussins mâles”.

En janvier dernier, l’Allemagne annonçait qu’elle interdirait, à partir de 2022, l’abattage de poussins mâles dans les élevages de poules pondeuses.

Là-bas, c’est actuellement 45 millions de poussins mâles qui sont systématiquement tués annuellement, car ils ne pondent pas d’œufs et fournissent trop peu de viande.

Afin de remédier au problème, le pays prévoit une généralisation de la méthode du sexage des œufs qui permet de « détruire » les œufs mâles avant leur éclosion. Aujourd’hui réalisée entre le 9e et le 14e jour d’incubation, la loi allemande prévoit de soutenir des techniques innovantes qui permettront d’améliorer la méthode du sexage des œufs. Le but étant que, d’ici 2024, les éleveurs puissent déterminer le sexe du poussin avant le 6e jour d’incubation.

Bien qu’en Wallonie, le broyage des poussins ne soit pas pratiqué par les élevages, il n’existe pas d’interdiction complète de l’abattage des poussins et autres jeunes animaux mâles pour autant.

Néanmoins, en septembre dernier, Madame la Ministre affirmait avoir lancé un appel à projets en la matière. L’objectif de cet appel était de « réaliser une étude pour objectiver et développer des techniques qui évitent la mise à mort des jeunes mâles dans les filières du lait comme dans celle des œufs ».

J’ai donc plusieurs questions à ce sujet.

Quels retours peut-elle nous donner par rapport à l’appel à projets lancé en septembre dernier ? Les retours de terrains ont-ils été nombreux ? Les objectifs de l’appel ont-ils été rencontrés ?
Des solutions claires peuvent-elles maintenant être avancées afin d’interdire l’abattage des poussins mâles en Wallonie ?

Celine Tellier, Ministre de l’Environnement, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité et du Bien-être animal – Le fait de broyer un poussin âgé d’à peine un jour constitue un acte d’une violence inouïe. Non seulement d’un point de vue très concret, évidemment, vis-à-vis de si jeunes animaux, dont l’unique tort est d’être né avec le « mauvais » sexe. Mais aussi d’un point de vue plus symbolique : ces pratiques témoignent du fait que ces animaux sont considérés comme de vulgaires déchets, au sein d’un système industrialisé et spécialisé à l’extrême.

Nous avons une responsabilité collective à l’égard du traitement des animaux d’élevage. C’est aussi ensemble, mangeurs, mangeuses, éleveurs, éleveuses, que nous devons faire évoluer la société vers des filières plus éthiques.

C’est la raison pour laquelle j’ai en effet mandaté mon administration pour la réalisation d’une étude sur les alternatives à la mise à mort des jeunes mâles, qui peut avoir lieu en élevage laitier ou en amont des élevages de poules pondeuses.

Cet appel a été lancé en septembre 2020. Le projet sélectionné est porté par un Consortium multidisciplinaire, nommé pour l’occasion « Live or Die ». Ce groupe est composé du Centre wallon de Recherches agronomiques et de l’Université de Namur. Le projet devrait commencer en mai, et nous devrions disposer des résultats pour la fin de l’année 2021.

Il est évident que j’examinerai avec attention les résultats de cette étude, qui seront le fruit de concertations et d’analyses avec les acteurs de terrain.

 

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