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La carte blanche des associations d’aide alimentaire

18 Avr, 2023

Question orale de Madame Sobry à Madame Morreale, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes, sur “La carte blanche des associations d’aide alimentaire”

        Madame la Ministre,

        Six associations d’aide alimentaire ont récemment pris la plume pour écrire une carte blanche et relayer leurs préoccupations. En effet, le secteur de l’aide alimentaire est de plus en plus sollicité, avec une hausse d’environ 40 % de fréquentation qui a été observée en quelques années. Ce que les associations dénoncent est surtout leur hyper dépendance vis-à-vis des invendus de la grande distribution.

        Actuellement, leur principale filière d’approvisionnement provient de la grande distribution, qui fait don des produits qui n’ont pas trouvé preneurs. Pourtant, le modèle économique, on le sait, de la grande distribution est en profonde mutation. Les volumes des invendus sont désormais moindres qu’auparavant. Ce que clament ces associations est que, si rien ne change, c’est le crash assuré. Pour elles, l’amalgame entre aide alimentaire et lutte contre le gaspillage devrait cesser. Elles demandent donc une reconnaissance structurelle, ainsi que des financements pour l’activité de l’aide alimentaire.

        Qu’entreprenez-vous pour répondre à ces associations d’aide alimentaire et quelles initiatives prenez-vous pour maintenir l’aide alimentaire à flot malgré la hausse de la demande et la baisse des quantités d’invendus ? Quelles pistes d’approvisionnement envisagez-vous ?

        Réponse de Madame la Ministre Morreale

        En Wallonie, on est compétent principalement pour l’agrément des épiceries sociales. On en a ouvert et agréé davantage sous cette législature, et cetera. Au niveau de la Région wallonne, on s’est dit : « Comment peut-on essayer de répondre aux besoins sociaux des personnes en grande précarité ? », au regard des retours que l’on avait concernant l’explosion des demandes. Certaines personnes viennent nous trouver.

        Pendant le covid, on avait par exemple des étudiants qui n’avaient plus leur job étudiant et se retrouvaient dans des situations de grande précarité alors que jamais auparavant et jamais après ils n’ont ou feront appel à la banque alimentaire ou aux colis alimentaires. On a aussi d’autres personnes qui tombent dans la précarité, en raison de leur statut pendant le covid. On est alors intervenu avec la Région wallonne en disant que l’on allait lancer un appel à projets. On en a relancé un deuxième, à l’époque 2 millions d’euros, qui a rencontré un gros succès. Énormément d’associations ont répondu. En plus, on avait fait un modèle simplifié, ce qui avait permis de rendre les choses moins complexes. On a donc lancé différents appels à projets, notamment dans le cadre des réfugiés ukrainiens.

        Fin d’année dernière, quand on a travaillé sur les coûts de l’énergie, les augmentations auxquelles les gens étaient confrontés par rapport au coût de la vie, on s’était dit que l’on avait très peu d’interventions sur le coût de l’énergie en Région wallonne. Par contre, on peut peut-être trouver des mesures de pouvoir d’achat. C’est de cette façon que l’on a relancé un appel à projets de 2 millions d’euros – le ministre-président l’a fait aussi – pour permettre à des associations de bénéficier de colis alimentaires, d’aides alimentaires, notamment pour pallier aussi le fait qu’à la fois la demande explose, mais en plus, il y a moins d’invendus alimentaires et de produits disponibles dans les banques alimentaires. Par effet collatéral, la population est en difficulté.

        Depuis le début de cette année, dans le cadre du conclave budgétaire, on a aussi dégagé 8 millions d’euros pour lancer un très gros appel à projets, qui devrait couvrir l’année 2023 pour essayer de répondre aux besoins. Dans le cadre de ces appels, on a souhaité également renforcer les solutions en matière d’approvisionnement des structures d’aides, en favorisant le recours aux circuits courts et la collaboration entre les plateformes. Par exemple, dans le cas de Food Wallonia lancé en décembre 2022, je pilote une mesure qui vise aussi à renforcer l’approvisionnement des structures d’aide alimentaire. Un groupe de travail a été créé et est piloté par l’Observatoire wallon de l’aide alimentaire qui dépend de la Fédération des services sociaux – mais pour cela, il faudra attendre les résultats de ces études. J’en viens maintenant à la réponse que mes équipes avaient préparée puisque, jusqu’ici, je suis complètement sortie du texte. À mon avis, c’est la même chose :

        L’appel à projets de 2 millions d’euros que l’on avait lancé – je vous l’avais déjà dit – a rencontré un franc succès ; deux cents opérateurs y avaient en effet répondu. Tous les candidats qui étaient éligibles à l’appel à projets ont été retenus. Les banques alimentaires et les plateformes peuvent employer ces montants jusqu’au 31 décembre de cette année. Les subsides ont été liquidés à l’ensemble des opérateurs fin de l’année dernière pour leur permettre de mettre en œuvre des projets dès le début de cette année-ci. Un état des lieux pourra être réalisé après la réception de l’analyse des dossiers justificatifs qui sont attendus pour le 31 mars de l’année prochaine.

        Le secteur bio est aussi en grande souffrance pour le moment, donc c’était une manière de les soutenir. Concernant les huit millions d’euros, le grand appel à projets va être lancé très prochainement à destination du secteur, sous réserve que le Gouvernement l’approuve, ce qui ne sera que formalité vu que nous l’avons déjà inscrit dans le budget. Le recours aux circuits courts sera valorisé. Cet appel à projets a été élaboré avec la Fédération des services sociaux. L’approvisionnement est effectivement une préoccupation des organisations d’aide alimentaire.

        On a deux sources plus importantes : le FEAD et la récupération d’invendus. Les projections indiquent que ces sources vont diminuer dans les prochaines années. Partant, il y a un point d’inquiétude à avoir au niveau fédéral et une inquiétude, par voie de conséquence, pour les citoyens de Wallonie ayant recours à des services dont les sources d’approvisionnement vont se tarir. Sur ce sujet, le Fédéral est attentif pour trouver des solutions et anticiper avant que le problème ne croisse davantage, car le manque de disponibilité d’invendus alimentaires a augmenté de manière très importante. Malheureusement, les perspectives montrent que ce processus va s’accentuer. Je prendrai ma part à travers le groupe de travail dont je vous ai parlé, pour le reste, c’est le Fédéral qui suivra.

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